L’escrime handisport

Les règles de l’escrime handisport ne diffèrent en rien de l’escrime valide. Cependant, quelques aménagements sont nécessaires.

Contrairement à ce que la plupart des gens peuvent s’imaginer, le fauteuil roulant ne se déplace pas lors d’un assaut. Un appareil spécial, appelé le handifix, est utilisé pour immobiliser le fauteuil. Celui-ci est amené sur une plaque ou dans un rail, puis maintenu sur place à l’aide de griffes sur les grandes roues, ainsi que d’une sangle placée à l’avant afin d’éviter un basculement en arrière. Ce système permet de s’investir à fond dans l’assaut en toute sécurité. Le tireur se sert alors d’une main pour tenir son arme (logique !), et de l’autre pour s’accrocher à la main courante située sur la roue du fauteuil, ou à une poignée qui peut être ajoutée. Les plaques des deux adversaires sont reliées par une barre centrale qui permet de régler la distance de manière à ce que les tireurs puissent évoluer dans les meilleures conditions, c’est à dire assez près pour pouvoir toucher, mais également assez loin pour les forcer à se déplacer à l’aide de fentes et de retraites du corps, et permettre de déployer un bagage technique aussi important que celui des valides. Pour déterminer cette distance, le tireur qui a le plus grand bras le place à l’équerre, l’autre devra alors tendre son bras, arme à la main. La distance est correcte lorsqu’au fleuret la pointe arrive à la saignée du bras adverse, et à l’épée et au sabre au bout du coude.

L’autre, et dernière, grande adaptation concerne la règle de combat à l’épée. En valide, il est possible de toucher son adversaire sur toutes les parties du corps. Mais en handisport, les jambes seraient une cible trop facile à atteindre. Ainsi, il fut décidé que les cibles possibles seraient les mêmes qu’au sabre, c’est à dire au dessus de la ceinture. Pour éviter toute confusion, le tireur s’équipe d’un tablier isolant, empêchant l’adversaire de le toucher aux jambes ou sur le fauteuil roulant.

Lors des compétitions internationales, les escrimeurs sont classés en trois catégories : A, B et C. Cette classification est déterminée par l’importance du handicap du tireur au niveau des abdominaux. En effet, un tireur qui possède le plein usage de ses abdos peut effectuer des fentes et retraites aisément, alors qu’un tireur qui ne dispose pas de la pleine puissance de ces muscles aura plus de difficultés à se déplacer sur le fauteuil. Ainsi, les tireurs les moins handicapés sont en catégorie A, ce qui est mon cas, et les tireurs plus touchés sont en catégorie B. Pour résumer, avec la montée des niveaux technique et physique (qui se sont considérablement accrus de puis les années 1990), on peut aujourd’hui considérer que dans la grande majorité des cas les tireurs classés en catégorie A sont ceux qui peuvent marcher, alors que les tireurs de catégorie B sont en fauteuil roulant (paraplégiques pour la plupart). Les tireurs classés en catégorie C sont tétraplégiques. Les catégories n’apparaissent qu’en international, en raison du faible nombre d’escrimeurs handisport à l’échelle nationale.